EX TRAITS...

Publié le par Nawa

Pour remercier les mails d'encouragement que je reçois, je vous colle un 1er et court extrait de ma tentative d'écriture. J'ai pris un passage assez peu explicite ne voulant pas trahir l'effet de surprise final....

La lumière passait entre les volets trop vieux pour mériter ce titre.  Sur un touret qui servait de table trainaient paquets de tabac, mégots, canettes vides, bouteilles qui l’étaient tout autant, des traces de cire témoins  d’anciennes bougies, une main. Elle essaya d’adapter ses yeux à sa gueule de bois pour vérifier que la main était bien attachée à un corps sinon c’eût été déplaisant pour un réveil matinal. Elle l’était bien. Le corps était avachi, seule sa main n’avait consentie à se répandre lamentablement sur le sol. Elle reconnut Pierrot et vu ce que le monsieur s’était enfilé la veille, elle trouva sa posture logique. Elle regarda autour d’elle. La veille, à son arrivée, la lueur des bougies ne permettait qu’une légère supposition des lieux et elle avait mal supposé. Le symbole anarchique était dessiné partout, un peu trop pour être vrai. Il y avait aussi des tentures et des couleurs jamaïquaines.  Un patchwork d’identités révolutionnaires.  Autant de signes de rébellion pour se convaincre de la marge, des traits décoratifs pour se prouver une différence. Tous ces signes qu’arborent ceux qui n’ont pas encore compris que la marge faisait partie intégrante de la page et que la seule différence qu’elle permettait  c’est moins de place pour écrire. Une ligne rouge pour séparer . Marginaux, « intégrés ». Une ligne rouge pour conférer  à chacun son statut. Une ligne rouge à la morale catholique. Un côté bon, l’autre non. Qu’importe le côté, importe  le tout. La page. Entière. Sans ligne rouge. Sans enferment dans des rites, des codes, des idées. Une simple ligne rouge dont l’importance n’est donnée que par ceux qui ne peuvent la franchir. Une ligne rouge qui empêche l’évasion.

Publié dans RG

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laurent nicolas 29/09/2009 21:01


écrire, relire, poser dans un coin, prendre le temps. sentir en soi grandir ses personnages, les voir évoluer devant nous comme de mauvaises graines que rien n'arrête. poser un manuscrit dans un
coin ... attendre quelques mois. un an peu être, et recommencer. affiner le verbe, tracer les ponctuations. dessiner les ombres qui donnent le sens de nos révoltes, et enfin être fier. fier non de
soi, mais de ce qui est arrivé ... continuer. continue. 
encore, tranquille. tu as le temps. ton combat n'est pas que verbale ça se sent bien ... et nous pauvres lecteurs impatients nous sommes là ... prés de toi . on t'attend. amicalement...
Laurent Nicolas.  


Baron Rouge 29/09/2009 10:50


Je comprends pour l'avoir vécu : en écrivant on donne tout (et plus si affinité) et en relisant on ne retrouve que le goût amer du "pas fini", "pas comme on voudrait"...
C'est aussi ça qui fait la différence avec un vrai écrivain je suppose : n'empêche qu'il te faudra y passer à cette relecture (ne serait-ce que pour éviter que l'éditeur à qui tu enverras ton bébé
ne le rejette sans le lire vraiment, uniquement parce que la forme lui va pas : ça serait vraiment dommage et frustrant !!)

Si t'as besoin d'aide, fais le savoir !
 


nawa 28/09/2009 18:40


Merci baron pour tes remarques que je prend en compte.

Par contre je ne relis jamais. Quand je l'ai fait pour la 1ère partie j'ai failli tout balancer. J'ai conscience des pbs de tournures et surtout de conjugaison. Je laisse ça pour plus tard. pour
l'instant j'écris, ou plutôt je jette l'histoire inscrite dans ma tête. Quand j'aurai fini le 1er jet, je passerai à la correction et là je vais avoir besoin d'aide !!!!

pour les paragraphes c'est la même raison. Je n'écris pas je jette. ici ça ne me posait pas de pbs mais ça aussi va falloir que j'y remédie...


Baron Rouge 28/09/2009 17:43



J'aime bien l'esprit et l'ambiance post-apocalyptique.
On sent le vécu, le dégoût et l'absence totale de retenue (enfin presque...).
Faudrait plus songer à la mise en paragraphes pour créer des moments de respiration pour le lecteur (tu as le même soucis sur tes billets d'humeur).

Je te conseille quand même de te relire à haute voix : ça t'aidera à t'apercevoir plus facilement de quelques tournures un peu étranges (à mon goût de vieux réactionnaire...).
Mais il faut surtout pas t'arrêter : on attend la suite avec impatience !!! 

Forza et bonne continuation  !!!!