A CREDIT

Publié le par Nawa

J'ai rejoint un groupe sur facebook (oui je suis comme ça je rejoins des groupes sur facebook...) qui s'appelle "vider sa banque". Ceux qui suivent mon blog depuis un moment comprendront tout de suite mon attachement au sujet ! Bref, de voir ça aujourd'hui après un évènement dans ma vie que je croyais anodin et qui ne l'était pas me donne envie de vous répéter certaines choses.
L'évènement anodin c'est quand on m'a dit à la CAF qu'il fallait que j'établisse une liste et que j'étiquette tout ce que j'emmenais dans le déménagement pour la douane. Le soir je me suis assise. Et après avoir fait le tour de la question, je me suis juste vue coller un poste it sur le front de mes gamins. Je n'ai rien à prendre à part eux. Mes meubles sont des planches, les lits je pourrai les filer à des fakir tellement ils sont rafistolés avec des clous, j'ai bien une machine à laver qui parfois lave même sans moi,  3 poeles (aucune n'a de manche), des assiettes (un cadeau d'un cadeau de la redoute), une voiture (sans assurance qui même malgré ça ne roule plus). Je vais prendre mes livres, certains me sont indispensables, mon frigo même s'il est vide( il me sert bien, parfois), ma télé (c'est un cadeau), les jouets des mômes, mon matos photo avec tjs cet espoir que je pourrai m'y remettre, nos 3 fringues chacun, le chien, basta. Je n'ai rien, les seules choses que j'aimerai prendre ne passent pas en douane. La beauté des paysages quand je me lève le matin, cette tranquillité inestimable de vivre au milieu de rien, loin de tout, mais j'ai pas d'étiquettes assez grande à coller dessus. J'ai pas de compte à cloturer ou à changer, ou toutes ces choses très compliquées. J'ai rien, au final, je peux même me passer de tout. Sauf des jouets (mes momes sont dangereux), et du clébard (il sert à rien mais je l'aime) Et ça m'a fait du bien ce bilan négatif si on le met à l'échelle sociale. Et ça faisait longtemps que je ne l'avais pas mis à mon échelle. Et là c'est positif. Y a 15 ans j'ai fait le choix de ne choisir aucun parti, de ne militer pour aucune cause en particulier même si j'avoue que celle du logement me parait la plus essentielle, si tant est qu'on puisse graduer l'essentiel...Au contraire l'écologie ne m'a jamais inspiré. J'arrive pas à comprendre qu'il faille défendre la planète. Etre con au point de pas comprendre que si tu chies dans ton assiette, c'est sur que la bouffe est dégueulasse ça me dépasse. Bref ! J'ai juste choisi de vivre autant que possible à la mesure de mes idées aussi mauvaises qu'elles soient. Etant pas très maline, je tape dans le gros. Je détaille pas. En fait on a qu'un seul problème, tout nos tracas quotidiens, les 2 ou 3 bombes qui tombent par ci par là, les milliards de mômes affamés même pas foutu de sourire sur la photo, quelques familles dans le caniveu, d'autres sur des radeaux, une terre mère en lambeaux, bref toutes ces choses qui font le monde pas super génial découlent de ce seule problème ! Wouaw ! Celle là elle était longue de phrase ! On continue. Le problème tu l'auras compris mon ami (ou pas), c'est le fric. Non plus précisemment la spéculation du fric et par là la spéculation de nos lendemains qui sont pourtant pour nous misérables humains, aussi improbables que nos existences. J'ai donc trouvé que le plus judicieux à mon niveau pour lutter contre ce système mortifère était de ne pas le nourrir. En même temps c'est facile j'ai tjs été fauchée, je crois que j'ai fait en sorte de le rester. Peu à peu mes choix se sont fait en fonction de cette idée, l'appauvrissement de la source, la réappropriation de l'argent, sa révaluation, une simple unité de troc, celui que l'on a, pas celui qu'on pourrait avoir. A un moment de ma vie j'aurai pu être prof, avoir une voiture neuve et un plan épargne logement. J'ai tout refusé. Je crois au pouvoir démesuré de l'éducation. Notre système éducatif depuis 70 ans ne sert qu'à façonner les balles qu'on mettra dans les armes pour tirer sur tout ce qui est different et puis la voiture était à crédit. Je voyais bien plus grand. Le cash money. Ce que je gagne. Je le dépense, ni plus, ni moins, ça serait bien que ça soit plus que moins des fois...Je savais pas dans quoi je m'embarquer, après tout ce temps, je commence à en avoir une vague idée...Les jugements sont si tranchés (surtout au niveau de ma gorge) que des fois ils te font vasciller. Certaines periodes sont si effrayantes qu'on se dit qu'obligatoirement on se plante, jusqu'à te mener au bord de l'amertume, jusqu'à renifler l'odeur sucrée de la résignation. Ca t'isole, tout est plus difficile, ne serait-ce que les choses bètes comme mettre de l'essence autre qu'entre 9h et 18h sauf le dimanche. Tes mômes posent pas les mêmes questions que leurs camarades. Tu prends pas garde. Ne pas vivre à crédit ou à découvert et ne pas savoir fermer sa gueule quand dans un boulot tu vois des injustices aussi banale que de voir un chiwawa habillé par dior dans les bras d'une pétasse milliardaire, c'est à vomir, on ferme sa gueule, on ravale, c'est devenu normal, à tendance à rendre ta vie un peu trop compliquée pour qu'elle soit agréable. Ben celle là aussi elle était longue de phrase. tu te démmerdes pour y trouver du sens tu sais que je relis pas. On continue. Je disais que c'était pas cool de pas signer même si t'as besoin de bouffer juste parce que ta plus que ça, ta fierté. T'as l'impression d'être dans un cercle vicieux, de subir plutôt que de choisir. Jusqu'à qu'on te dise de faire une liste de tes affaires, Que des années ont passé et qu'à part des livres, tu n'as rien cumulé. Et que ça te rende plutôt fier. Parce que ce vide, cette non possession, c'est toi qui l'a choisie, qui l'a voulue, même si c'est juste pour la beauté du geste, du combat perdu, mais quel fier combattant. Je l'avais oubliée. Ca m'a fait tant de bien de me le rappeler. J'ai façonné mes aujourd'hui, pas mes demains, à chaque fois, ce fut un désastre ! J'arrète. De n'avoir aucune disponibilités bancaires rend paradoxalement une certaine liberté. Pas de voiture neuve c'est vrai. Comme je vous le disais, un truc qui roulait, mais à moi, pas à la banque. Au départ nous nous endettons seulement pour rentabiliser le temps passer à l'école. Ce travail pour cette maison promise avec une famille parfaite et ces 5 semaines de congés payés qu'on a pas volé. Payer des impôts comme on paie son droit de râler. Voyons ! est-ce que c'est pour autre chose que nous envoyons nos mômes à l'école ? Me dite pas que c'est pour l'éducation, même eux ne vous croierez pas ! C'est si bien inscrit dans les têtes que la maison est acquise, comme le reste, personne n'a les moyens de la vie parfaite, celle qui passe à la télé pour te vendre des corn flakes, ou de la ricoré, y a que le crédit qui peut te l'offrir. La norme a vraiment tout les défauts, celui d'être à crédit aussi. Tout ça pour quoi ? Pour finir comme moi ! Les dettes en plus...Et quand au débutr c'est pas par choix, t'as aucune chance de résister à la machine. Le crédit créée la pauvreté, c'est pour ça que même les riches paient tout à crédits, les millionnaires ne le sont aussi qu'à crédit. Tout ça parce que d'enfants capricieux nous passont à adultes prétentieux incapables de concevoir qu'il ne pourra jamais posséder autre chose que du rien. Le reste est à la banque. A ce système qui spécule avant tout sur nos rêves et nos besoins de vies tranquilles et rangées, de citoyens convenables et respectables, de sécurité et d'assurance, au point de faire des mutuelles pour ton clébard. Ce système qui a chaque lu et approuvé te couds à même la peau la ficelle qui fera de toi un pantin. Je reste convaincu (et c'est rare) qu'avant tout  chose ça doit passer par là. Leur prouver que nous avons compris, que nous sommes prêts à vivre selon nos moyens et à ne posséder que ceux qu'ils nous permettent, à vider les banques de ses fonds qui entretiennent chaque jour les famines et les guerres. Ils n'ont pas d'autres argents que le notre et nous avons fait la pire connerie qu'il soit, leur donner pour payer du fric qui n'est même plus à toi. J'abrège, ça me soule. Bruler vos chequiers et faites fondre vos cartes bleues, ces machins sont pire que des flingues braqués sur la tempe. Montrons leur qu'on a enfin compris, qu'on est fauché mais qu'on aura toujours les moyens de se racheter, cash money. Après peut-être on pourra discuter d'un avenir pour ce putain de monde....à crédit.

Publié dans RG

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Baron Rouge 13/06/2010 19:47



Un Bilan Comptable dans le Rouge comme celui-ci, ça force le respect.


On n'a effectivement besoin que de l'insaisissable, ce qui ne se vend pas, ne s'échange pas...


PAs la peine de postiter tes enfants, ton chien et tes souvenirs... je crois que les douaniers ont un sens de la poésie et du bonheur proche du zéro absolu...


Et pour ce qui est de ces putains de marchandises dont il faut absoooooolument rêver (dixit TF1 et tous les briseurs de neurones pour nous transformer en consommateurs décérébrés)... elles sont
la plupart parfaitement inutiles... sauf à accroître la fortune de ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs tunes...


Reste telle que tu es, écris, vis, regarde tes enfants pousser (et ils vont bien le faire), et si en plus tu nous fais quelques photos (pour qaund on sera trop vieux pour nous souvenir des
couchers de soleil), le bonheur sera pas loin !!!


Mille respects