FAIT DIVERS

Publié le par Nawa

Changer un impossible future en un avenir propable, honorer les victimes accidentelles pour oublier les assassinées, parler de la forme pendant que les espoirs touchent le fond. Devier une réalité pour en fournir une autre, tromper la lucidité pour soudoyer les restes d'espérances, insulter l'intelligence pour flatter les apparences. Prendre un mot pour un autre, une possible amélioration contre un radical changement. Débattre sur les évidences, censurer les audaces. Des séquestrations, des retenus, condamnées ou acceptées, comprises ou tolérées, de la sémantique pour l'illusion du choix. Un choix que n'ont plus des millions de salariés; un choix ramené à juste un peu de fierté. Prendre le patron pour ce qu'il est, un os à ronger, jeté depuis l'autre côté de l'atlantique. Un pion sur l'échiquier multinational. Un pantin articulé déambulant par la seule raison de donner un peu de consistance à toutes ces poupées de chiffons. Débat inutile. Les prisonniers ne s'enferment pas entre eux, ils tracent juste des lignes de territoires dans leur cellule. Triste conséquence de nos urgences, scier les barreaux prendraient trop de temps. Nous sommes confinés dans l'urgence de la norme sociale. Des responsabilités en forme de boulets, des échéances pour excuses, un dessous de pont en guise de guillotine. L'urgence comme alliénation mentale, comme alliénation sociale, comme majorité docile. Soumis jusqu'aux choix des morts à pleurer. Plus de 250 morts par tremblements de terre, par accident, citoyens reconnus, avalisés par papier, des gens pour les pleurer, des images pour la télé, un pape pour prier, ce sont ceux là qu'il faut pleurer. Plus de 250 morts par noiades, au milieu d'un océan d'indifférence, reniés sur papiers, citoyens de rien, personne pour pleurer, pas même une image à la télé, des coupables pleurent leurs victimes, c'est pas moral. Dans la catastrophe naturelle, l'assurance de la fatalité joue aux bonnes consciences, dans la fatalité y a même de la place pour dieu. Dans l'horreur humaine il n'y a aucune assurance sauf peut-être celle de l'indifférence, un motif de non reconnaissance, un joker de responsabilité, juste de la place pour l'Homme et la conséquences de ces choix.. Il y a des morts à pleurer, des batards à oublier. Morale souveraine d'un G20 raisons pour vous tuer.Un monde limité devant supportés des envies inasouvies de puissance dévastatrice. Des costumes 3 pièces pour nous tailler en pièces. Une moralistation des excrèments putréfiés, écoutez les, c'est dans l'odeur que se trouve la rédemption. Inspirez, suffoquez, ah non j'ai pas dit crachez ! Avalez, et avalez encore, entre deux gorgées d'urgence. Avalez jusqu'au dernier capital moralisé. Avalez, engloutissez toute cette bouffe qui nous transforme tous en un fait divers en puissance. Le fait divers, lé résultat d'un 0+0 = plus rien à perdre, une équation avec l'irraisonnable pour inconnu. Un sniper juvénile, un employé au bout d'une corde, un patron séquestré, un clandestin noyé, un père infanticide, une mère défoncée, un clodo sous 8.6, une pute de 13 ans, et d'autres déchéances de l'anormalité sociale, des faits divers, des 0+0. Des additions qui nous guettent tous, des résultats qui n'attendent que la valeur d'une inconnue. Un plus rien à perde incrusté dans la tête, un fait divers en puissance quand peut-être un instant, cessera l'urgence. Et c'est la que je vis, dans cet espace mathématique, dans cette part exponentielle de folie. Dans le fait divers, le 0+0, le tragique résultat de plus rien à perdre. Ce qui me sauve de ne pas basculer, de ne pas éviscérés avec mes dents les entrailles d'un juge, d' arracher les couilles d'un avocat, .de dépecer une assistante sociale, de déchiqueter un propriétaire ou plus inavouablement d'égorger des vagues de gens, produits typiques d'une régurgitation d'un capitalisme moralisateur , 1er fabriquant de normalité c'est de fausser le résultat, d'échanger l'inconnu. Moi ça me fout la trouille de vivre avec la conscience de ma folie. Comprendre ce qui ne devrait pas l'être, tracer dans sa tête les chemins de l'accomplissement d'horreurs et de terreurs. Alors comme inconnu dans l'équation je mets l'utopie pour inconnu, la folie douce, ravageuse de bonheur, de meilleur. Le résultat est le même. Plus rien à perdre. Pas même l'urgence. Mon faits divers se décline en colonnes entières de possibles luttes. Ca fait mal, mais j'ai déjà mal. Plus rien à perdre. Pas même un livret A pour être flaté par un écureil ou un autre rongeur. C'est plus facile pour ceux qui vivent dans cet espace mathématique, loin des g20 et des cac40. Rien à perdre, rien donc à laisser tomber, à faire cramer. J'aime être un faits divers, j'aime avoir la faculté de pouvoir faire peur. J'aime n'avoir rien à perdre. Personne ne peut donc rien me prendre. Avalez, jusqu'au 0+0. Vous poserez alors votre équation et ce sont grâce à vos inconnus que j'espère. Ce sont de nos inconnus que règne une part d'espérance. Avoir le courage de l'addition, du résultat nul et poser enfin un nouvel énoncé, commencer un nouveau problème, pourquoi pas cette fois une soustraction ?

Publié dans RG

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Baron Rouge 06/04/2010 22:57



La Théorie du Zéro ?


Le néant qui guette ceux et celles qui n'ont plus rien ?


C'est piur ça qu'ils ont inventé la télé, réalité ou non...


Pour qu'on puisse rêver à un "plus"...


Oublier notre nullité et le vide qui nous attend au bout de la course sans fin ni queue... ni tête !


Déprimant tout cela...