OHIBOIK, ENCORE ET TOUJOURS...

Publié le par Nawa

Depuis que le compte à rebours s'est enclenché, je n'oublie jamais d'imprégner mon corps et ses sens de ce bout de terre qui fut mon chez moi. Je ne me réveille pas pareil, épiant les piaillements, à l'affut des odeurs, abasourdie encore par ces couleurs. J'ouvre mon volet dans un remerciement sans fin de m'offrir chaque jour ce paysage dont j'ai l'affront  chaque soir de cacher, même si c'est pour réver. Me saute alors à la gorge les tournesols, des milliers de reflets du soleil, ces arbres centenaires qui capturent dans leur feuillage toute mon humilité, me mettant à genoux, pleinement consciente de ma nature éphèmere,tous ces ans ils montent au ciel, il ne m'en faudra pas tant pour redevenir poussière. Et ces oiseaux qui se jouent de ma lenteur, je les apperçois à peine, comme l'amante s'enfuyant du lieu d'un aldutère, lègère et discrète, ils virevoltent me laissant comme seule preuve de leur présence le bruit de leurs jeux dans les branches. Et ces odeurs d'après orage ou de coup de soleil, ces senteurs de gel et de réveil. Jamais elles n'agressent comme le parfum d'un femme, se laissant chaque fois deviner, dégainant toutes leurs subtilités, n'étant jamais identiques mais jamais différentes pour ne pas jamais choquer, toujours. Mon dieu que ça va me manquer. Ma campagne et sa tranquillité. Je veux la boire et m'ennivrer pour ces derniers jours avant l' "était". M'asseoir au bord des champs, comme je l'ai souvent fait, me rappeler le gout des saisons, et me laisser aller. Traverser la forêt, là où les larmes retrouvent le poids de la gravité, c'est là que mon fils a apprit à marcher. Je suis ici chez moi jusqu'à vouloir y crever. Quand recroiserais-je un sanglier, une biche, un faisan et ces autres habitants qui faisaient mes journées ? Comme c'est beau ici, si vous saviez. Ca vous dévore les poumons et vous bouffent les désillusions. Cet air qu'on veut croire épargné, qui vient juste de glisser sur les sommets à jamais enneigés, ayant pris soin juste avant de n'être plus glacé vient vous carresser pour laisser sur votre peau le souffle de la vie. Putain que c'est beau ici. Et je voudrais aussi m'imprégner de mon pays, le désirer une dernière fois et l'inviter dans mes draps, le savourer au quotidien avant de le rendre occasionnel, mais je n'aime pas ce que je sens. Me remonte aux narines un air nauséabond qui s'essuie les groles dans ses défections. Je veux lui dire je t'aime et il me pête au nez.  Je veux vivre avec ses gens mais ils sont dans les bouchons, définitivement bouchés ! Je veux lui montrer ma sensibilité mais sur le drapeau y a comme une croix de dessinée...Je voudrais m'assoir sur ses trottoirs, comme avant, mais ils te piétinent, pressés juste parce qu'ils pensent pouvoir devancer la mort, comme avant, comme toujours. Je voudrais tellement pas partir fachée, prête que je suis à me réconcilier mais en face, y a que des hommes armés et les autres qui font comme s'ils l'étaient. Je voudrais faire la paix mais il déclare la guerre à ce que je vais être demain, un étranger. Vas y ma France, prends conscience qu'on est tous l'étranger de quelqu'un, allez mon pays retrouve ton humilité et ta fraternité. Terre des lumières aujourd'hui dans le noir, tu voix partir tes enfants sans même un aurevoir et quand ils te tendent la joue pour un dernier bisou tu leurs tends une pelle pour qu'ils creusent leur trou.
Devant cette mère infanticide, ce relant d'odeurs et de bruits de bottes, cette amère patrie, ce pays étété par des hommes sans tête, je me dis qu'au final peu importe l'endroit où l'on est. On l'aime à la mesure du respect qu'on y met. Seul ou à plusieurs.

Publié dans RG

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Baron Rouge 09/08/2010 12:54



Beau pays q'est le tien apparemment...


Le Baron qui n'est pas un spam.....



Tom 03/08/2010 16:37



Magnifique !