SAISONS
Quand les enfants de don quichotte ont commencé j'ai écrit ça :
J'ai peur qu'une fois de plus vous me voliez. J'ai peur que ma vie ne serve qu'à appitoyer entre 2 étés. J'ai encore cette impression que mes cartons font office de banderole éléctorale, d'être une surenchère de bonne conscience. Vous voulez dormir dehors, avec moi, comme un chien, dans le froid. Mais moi c'est votre vie que je veux, celle avec une porte et du courrier. Ce sont vos droits que je veux, ceux de ne pas perdre mes dents ou mes yeux. Ne vous méprenez pas ! J'aime votre compassion, vos regards brillants au-desssus de ma tente et qui me font penser que je suis encore dans un pays d'humains. Mais comment y croire quand je sais que votre réussite à besoin de ma misère ? Comment faire quand ma détresse et ma déchéance sont les moteurs de vos oppulences ? Le tout et son contraire, je suis le contraire de votre tout, votre potentielle souffrance, votre peur essentielle. Je suis le reflet de votre monde, le combustible de vos chauffages. Je suis la misère de vos richesses, l'incofort de votre confort. Je suis l'échec en bas de l'échelle, le 1er de tous vos barreaux, une proie facile pour les bourreaux. Alors la misère vous dit merci de bien vouloir partager son lit mais elle s'inquiète de s'avoir si vous êtes vraiment prêt à rendre plus supportable ce que vous jugez d'insupportable. Etes-vous prêt à me permettre d'être autre chose qu'un contraire, autre chose que mon contraire ? Etes-vous prêt à renoncer à certains de vos droits pour m'en laisser qques uns ? Comme je l'espère ! Sinon les tentes n'ont pas fini de fleurir sur les berges du déshonneur. La compassion et l'humanisme n'ont de place que dans l'égalité, l'égalité n'a de place que dans le partage. Voulez-vous vraiment que je sois votre égal au pire être le mien ? Vous-voulez partager votre meilleur ou seulement partager mon pire ?
6 mois plus tard j'ai ma réponse...j'espère que ça vous à plu de jouer aux sans abris le soir après le café. Les tentes sont pliés, le bitume a reprit ses habitués et certains comme moi pourrons dire "oui mais moi j'ai fait". Fait quoi ? Que dalle. Reste plus qu'à se préparer pour l'indignation de l'été, les papis esseulés qui vont crever. C'est que c'est du marketing l'indignation populaire ! Ca se travaille. Ca va pour l'instant, c'est le printemps. Dormez en paix braves gens.
