COUPABLE !
Je recycle mes anciens blogs en ce moment...mais avec les insultes qui fusent ici, les conneries qu'on me sort ailleurs, je vois rouge....encore....et encore....
On m'accuse de broyer du noir, de ne pas être sereine. Je plaide coupable ! Bien sur que je broie du noir quand cette couleur recouvre le drapeau de mon pays. Liberté, égalité, fraternité sont en berne, endeuillés par la mort des derniers fidèles. Je ne suis pas sereine quand je sens le point de non retour poindre à l'horizon. L'expression est muselée, les infos désinformées, le débat d'idées transformé en chimère. Nos yeux braqués sur nos nombrils respectif à lui hurler que lui seul a raison, a compris, et tout ça dans une bulle transparente insonorisée. Je vois noir quand la misère s'encadre en 16/9 ou format papier, satisfaisant notre compatissant voyeurisme. On la rend lointaine, facile à zapper, facile à déchirer. Je vis en noir l'intolérance; l'individualiste, le racisme, l'élitisme..tous ces "ismes" encodés dans les programmes électoraux. Du noir encore quand je vois les gens crevés la main tendue sous nos fenêtres d'oppulence. Et ce noir si opaque qui cajole les fatalités de l'homme. Putain de connerie ! Aucune fatalité, juste un baissement de bras, un retournement de veste, l'accord à la résignation, le consentement à l'épuisement. Ma sérénité s'envole dans les mensonges et les manipulations. De gauche en bas, de haut à droite, que des vices pour se rendre malin, des cons pour confirmer les crétins. Et ce noir glacial, libéral, imprégné du goût des morts, des humiliations, du facile pouvoir sur la misère. Ce noir la, qui donne un prix aux vies. D'ailleurs c'est les soldes en ce moment...Oui j'en broie ! Mais du rouge aussi. Celui de la colère et des luttes, d'amour et d'envies, de globules et de cris. Je peind avec les murs de mes croyances, de mes combats. Mes ? non ! Mon...juste un. Cette page devenue mon dévidoir quotidien n'est que le pale reflet de mon impuissance. Qu'est-ce que je fais ? Rien si ce n'est imposer à mon inutilité l'essentielle décroissance. Une manière de vivre dessinée par mes espérances. Je ne suis pas la seule et ce rouge chatoyant me dit que nous serons de plus en plus nombreux, par conviction au pire par nécessité... Mais au final, à part qques actes de bonne conscience, tous ces mots sans échos ne sont qu'un laché de lestes sur la lourdeur de mon inconsistance. Je change le noir en rouge en me dénonçant l'innomable, me dire regarde, lache pas, c'est le monde que tu laisses à ton fils. Une personne dont j'ai tout à apprendre m'a dit y a peu de temps "quand on te lit on a l'impression que si on est pas avec toi, on est contre toi". J'y ai réfléchis (sisi ça m'arrive entre le noir et le rouge)...en fait je ne cherche pas d'avis, je cherche presque qu'on me démontre que je me plante, qu'il y a bcp moins de noir que ça. Mais je n'y crois pas en fait. Plus pour nous en tout cas, nous avons déjà donné feu vert au rouleau compresseur. Par contre pour nos gamins, je vois tout rouge. eux sont capable d'apporter cette évolution des mentalités, ces évolutions de décroissance, un regard différent de la pensée unique formatée à coup de manuels scolaires formidablement construit sur l'échec. Il est là mon combat de tous les jours. L'odeur de cette peinture rouge est dans chacune de mes inspirations, je recrache les particules toxiques dans mes expirations. Le monde, je ne peux pas le changer, par contre, permettre à qques gamins de se le réapproprier ça je peux. Dire que ce monde on nous l'a volé sans même nous battre et qu'aujourd'hui on subventionne les voleurs...Je ne crois pas que les choses changeront demain, le court terme est un effet d'annonce. Il faut du temps, les racines sont les plus longues à prendre. Nous, nous ne sommes capable que d'arrivisme pathétique, d'élitisme ridicule, d'égoïsme outrageant, de narcissisme destructeur. L'école sert de perfusion, elle transfuse ce déplorable résultat dans les veines de nos rejetons, prétés si gentiment au jeu du lynchage reproductif. Pas que social en outre, historique et culturel aussi. Tout vient de l'éducation, tout en découle, la transmission est sa racine. Je défis qui que ce soit de ne pas pouvoir ramener un problème quelconque à celui de l'éducation. C'est une base commune composée d'innombrable éléments simples. Ce rouge la, mon rouge, je vais le transmettre, tracer avec des chemins d'autres possibles. Ce n'est plus un rêve, ni même une idée, c'est un fait. J'y bosse depuis longtemps, j'y crois depuis toujours, j'ai eu trop de preuves. Utopiste ? Coupable !! Je purgerai la peine qu'il faudra, même la perpétuité. Le problème est trop simple, pas besoin de masturbation de cerveau épuisant, d'intellectualisation scientifique pédante, non c'est simple. La complexité est une mauvaise excuse, un mot des parents...Ca parait manichéen tout ça, un binôme de couleurs mais je ne crois pas non plus au bien et au mal, rien d'autre qu'une connerie religieuse supplémentaire. Y en a qui dise que tout est dans le tout, je les crois fortement ! Alors J'en vois plein d'autres des couleurs. Du rose dans mon duo, cet amour improbable et si facilement faisable, Ces éclats de rires qui ne sont jamais jaune, même si parfois il me rend verte ! Ces couleurs inconnues venues de mon fils qui ne demande juste qu'un pinceau. Je les vois, je les vis, je les peints. Mais la rouge c'est celle qui lie le tout. Je l'ai choisi et la décline. Le noir, je l'étale là, pour pas qu'il me gache la vue, et grâce à certaines de vos couleurs, il prend du sens. Bon j'arrête, j'ai les yeux tout rouge...