EDITO DU MONDE...
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J'imagine ces franchouillards qui se la passent dans les beaux hotels de Caracas, paient un guide pour faire un tour dans un quartier pauvres et reviennent tout persuadés de leurs convictions d'occidentaux.
Ben oui, dans le pays de Sarkozy, la corruption n'existe pas, les abus de pouvoir non plus, et la manipulation médiatique, non, bien sûr que non.
Mais pour donner quelques exemples, vous en connaissez beaucoup des pays (des jolis pays démocratiques, comme la France, par exemple), où:
- de très nombreuses personnes, sinon la plupart, ont lu la constitution et en connaissent des passages par coeur?
- l'ensemble de la population peut participer à des assemblées locales régulières qui discutent des politiques locales et ont reconnaissance du gouvernement et possibilité de monter leurs propres projets?
- où la modification de la constitution est soumise à un débat dans la population, diffusée jusque dans la rue puis soumise à référendum?
- où toute personalité élue (maire, gouverneur, président) peut être viré de ses fonctions à la moitié de son mandat si une pétition réunissant 20% des électeurs le demande?
- où le gouvernement fout dehors le FMI et autres bailleurs de fonds internationaux qui pressionnent les états du monde entier à une privatisation tout azimut dans le seul but de rembourser leur dette publique
- où l'opposition peut appeler au coup d'état, à l'assassinat du président, sans être inquiétée plus qu'avec quelques bombes lacrimogènes, alors que les mêmes scandent qu'il n'y a pas de liberté d'expression et que le Venezuela est en dictature
- où le dictateur de type castriste, comme le dit le Monde, a été réélu à 63% (et son parti lors de 9 élections consécutives)
Ceux qui se plaignent de Chavez, ceux qui crient à la dictature, sont tous ceux qui perdent leurs privilèges!
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A quand un article sur les dérives autoritaires de Sarkozy? Je suis sûr qu'il y a de quoi dire! Mais non Sarkozy ne s'oppose pas au modèle néo-libéral mais bien au contraire affirme que "tous les pays ont fait ces réformes [néo-libérales], il n'y a pas de raison pour que la France ne puisse pas les faire". C'est moins facile de dire que la démocratie est faible en France, qu'on vote une ou deux fois tous les 5 ans pour déléguer tous les pouvoirs à quelques personnes qui obéissent aux intérêts de ceux qui les financent, sinon de leur mafia... Eh oui, chez nous les politiques ne sont pas populistes, donc on ne les accuse pas d'être des dictateurs.
Je vais vous demander une faveur: interrogez-vous, un moment, au calme, sur ce qu'est la démocratie. Sur ce que sont les élections. Sur notre rôle dans les décisions politiques qui nous concernent. Rien de plus."
Publié dans les commentaires du site lemonde.fr par Pierre-Charles Marais
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