ALORS CA C'EST DROLE !

Publié le par Nawa

Nicolas Sarkozy a décidé de financer son plan de rénovation des campus universitaires en vendant une partie du capital d'EDF. Ayant appauvri l'Etat en décidant cet été de diminuer fortement les droits de successions et l'ISF puis en défiscalisant les heures supplémentaires, le président se voit en effet contraint de vendre les « bijoux de famille » de l'Etat pour financer les investissements publics. En revanche, à ceux qui l'accusent d'être le président des patrons, il sera tentant de répondre que cette affaire montre que ce n'est pas le cas car il n'en a visiblement pas les compétences en matière de gestion. Le B A BA, quand on souhaite céder un gros paquet d'actions, est de réaliser l'opération et de ne l'annoncer publiquement qu'une fois qu'elle est conclue. On évite ainsi tout mouvement de défiance des autres actionnaires qui, anticipant un afflux d'actions sur le marché et une forte baisse des cours, la déclenchent immanquablement en cherchant à vendre avant que le gros actionnaire ait commencé à se débarrasser de ses titres. C'est ce qu'avait bien compris Arnaud Lagardère lorsqu'il avait cédé une partie de ses titres EADS début 2006.

Nicolas Sarkozy, tout à sa logique politique, a claironné haut et fort qu'il allait vendre une partie d'EDF avant même que Christine Lagarde ait engagé la négociation avec les investisseurs institutionnels susceptibles d'acquérir en bloc les titres proposés pour les reclasser ensuite progressivement. Sans surprise, le cours d'EDF a baissé de 4,1 % dans les deux jours qui ont suivi. Et l'Etat n'a réussi à placer que 45 millions de titres, soit 2,47 % du capital, alors qu'il envisageait d'en placer entre 2,5 % et 3,7 %. Au final, par rapport au cours qui prévalait le jour où la cession a été annoncée, ce sont plus de 150 millions d'euros qui ont été perdus pour les finances publiques. Des sous qui auraient permis par exemple la réfection d'une bonne partie de la toiture de l'Université Lyon 2....

Philippe Frémeaux

Alternatives économiques
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