LES COLLES
78 %
C’est la probabilité qu’un fils de cadre occupe une position sociale supérieure à un fils d'ouvrier. Observatoire des inégalités.
Les 22% restant sont l'exception de la règle, l'illusion fabuleuse de l'égalité des chances, l'alibi pratique qui fait croire que l'école républicaine fait ce qu'elle peut, l'infime pourcentage d'espoir.
Y a des choses tellement logiques, évidentes, flagrantes qui ont la faculté de passer inaperçues à nos yeux nombrilistes.
L'école c'est la base de notre société, je me répète et me répèterai encore et encore. L'école ne fait pas ce qu'elle peut, elle fait ce qu'elle veut, elle répond à une demande qui n'a rien à voir avec l'instruction, le savoir, elle répond au marché, c'est notre 1ère usine, notre 1ère transformation de la matière 1ère qu'est le cerveau. Elle le façonne avec une précision effrayante, elle le soudoie de bons points, de la fierté des parents, elle lui apprend la soumission, elle lui offre l'illusion de liberté en lui otant simplment le courage d'être libre.
L'histoire qui m'a le plus appris est celle de l'école, ou plutôt la politique de l'enseignement. Aussi loin qu'on peut remonter une seule et même constante : modeler le sujet apprenant et non pas développer un objet intellectuel. Alors avant que les profs révolutionnaires qui font très bien leur boulot et qu'en plus les pauvres manquent éperdument de reconnaissances ne se lancent dans un commentaire déjà mille fois écrit ici, ceci n'est pas une pure invention de mon petit cerveau. C'est le fruit de recherches scientifiques, de recueils de données précis. A ce sujet je vous conseille le livre d'un de mes anciens professeurs Claude Bernard à qui je dois des remises en cause constructive de tout un système. Je vous colle les infos à la fin.
...
La je viens de faire une grosse pause pour aller farfouiller dans ma bibliothérapie. J'ai retrouvé le livre et ne vais rajouter rien d'autres que ces quelques lignes que j'avais surligné comme on me l'a appris, au jaune fluo...
""Ce qui caractèrise la pédagogie du pouvoir avide d'enracinement, c'est la primauté donnée à la continuité au-delà des réformes et des changements. C'est la ressemblance ou l'élan vers le modèle, qui est le principe d'ordination du savoir dans le verbe officiel. L'opposition elle-même n'est que la forme extrème, mais inversée de la ressemblance. Le musée de la transmission des connaissances montre que la colonne vertébrale de l'enseignement, ne serait-ce que par son unilatéralisme, est aussi la colonne de l'institution. Il faut donc supposer que si les mots changent, la conscience du pouvoir reste toujours la même. En effet, tous les régimes utilisent les mêmes procédés de persuasion ou des procédés voisins liés à la même logique du commandement, car ils ont le même but : modeler le sujet apprenant et non pas développer un objet intellectuel. Ils professent la même philosophie : l'institutonnisme, l'universalisme lié au particulier, le civisme, l'imitationisme. Ils prônent les mêmes principes : primauté de la permanence sur l'évolution de la pensée de l'Instruction publique, primauté de l'un sur le multiple (le changement n'est qu'apparent), primauté de la sentimentalisation sur la théorisation (ce n'est pas le concept qui compte, par exemple la théorie nationaliste, mais le sentiment, l'amour envers la Nation), primauté de l'immobile sur le mobile, primauté des relations formationnelles et informationnelles sur les relations fonctionnelles, etc.
Alors que l'historicité pénètre dans la science du 19ème siècle et la féconde, tout un réseau généaloïde surplombé par une ligne de crête est conservé et développé dans le discours scolaire historique. C'est la primauté de l'histoire en tant que continuité sur l'histoire en tant que changement. L'histoire factuelle peut bien changer sur tel ou tel point, la philosophie du discours scolaire historique est tjs animée par ce qui est considéré comme "l'âme du pays". Le déjà construit du savoir, adapté ensuite à la réception du savoir, est dont déconstruit et reconstruit en fonction de tous les supports logistiques du Message qui doit traverser de part en part le champ des connaissances. Autrement dit, si les faits étaient des étoiles, l'histoire ne serait que le panorama affligeant des constellations. Le Pays-qui-vient est mobilisé sur ce qui est baptisé comme étant le "centre moral du monde". L'histoire, en effet, telle qu'elle est conçue part l'Instruction publique, est dominée par une représentation de l'histoire "sans histoires" où le présent est le sommet glorieux entre un passé dépassé et un avenir inaccompli qui ne sera d'ailleurs qu'une continuation plus achevée du présent. Il s'agit d'arrêter l'histoire, c'est-à-dire la lute pour changer le Destin.""
Claude BERNARD
Comment nos ministres font l'histoire.
Le discours de l'instruction publique et ses procédés de persuasion
Presses Universitaires du Mirail
ISBN : 2-85816-168-2
Dans ce "Message" est aussi soufflé la place que tu dois occuper, et tel l'immobilisme, tu occuperas la place de ton père.
C’est la probabilité qu’un fils de cadre occupe une position sociale supérieure à un fils d'ouvrier. Observatoire des inégalités.
Les 22% restant sont l'exception de la règle, l'illusion fabuleuse de l'égalité des chances, l'alibi pratique qui fait croire que l'école républicaine fait ce qu'elle peut, l'infime pourcentage d'espoir.
Y a des choses tellement logiques, évidentes, flagrantes qui ont la faculté de passer inaperçues à nos yeux nombrilistes.
L'école c'est la base de notre société, je me répète et me répèterai encore et encore. L'école ne fait pas ce qu'elle peut, elle fait ce qu'elle veut, elle répond à une demande qui n'a rien à voir avec l'instruction, le savoir, elle répond au marché, c'est notre 1ère usine, notre 1ère transformation de la matière 1ère qu'est le cerveau. Elle le façonne avec une précision effrayante, elle le soudoie de bons points, de la fierté des parents, elle lui apprend la soumission, elle lui offre l'illusion de liberté en lui otant simplment le courage d'être libre.
L'histoire qui m'a le plus appris est celle de l'école, ou plutôt la politique de l'enseignement. Aussi loin qu'on peut remonter une seule et même constante : modeler le sujet apprenant et non pas développer un objet intellectuel. Alors avant que les profs révolutionnaires qui font très bien leur boulot et qu'en plus les pauvres manquent éperdument de reconnaissances ne se lancent dans un commentaire déjà mille fois écrit ici, ceci n'est pas une pure invention de mon petit cerveau. C'est le fruit de recherches scientifiques, de recueils de données précis. A ce sujet je vous conseille le livre d'un de mes anciens professeurs Claude Bernard à qui je dois des remises en cause constructive de tout un système. Je vous colle les infos à la fin.
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La je viens de faire une grosse pause pour aller farfouiller dans ma bibliothérapie. J'ai retrouvé le livre et ne vais rajouter rien d'autres que ces quelques lignes que j'avais surligné comme on me l'a appris, au jaune fluo...
""Ce qui caractèrise la pédagogie du pouvoir avide d'enracinement, c'est la primauté donnée à la continuité au-delà des réformes et des changements. C'est la ressemblance ou l'élan vers le modèle, qui est le principe d'ordination du savoir dans le verbe officiel. L'opposition elle-même n'est que la forme extrème, mais inversée de la ressemblance. Le musée de la transmission des connaissances montre que la colonne vertébrale de l'enseignement, ne serait-ce que par son unilatéralisme, est aussi la colonne de l'institution. Il faut donc supposer que si les mots changent, la conscience du pouvoir reste toujours la même. En effet, tous les régimes utilisent les mêmes procédés de persuasion ou des procédés voisins liés à la même logique du commandement, car ils ont le même but : modeler le sujet apprenant et non pas développer un objet intellectuel. Ils professent la même philosophie : l'institutonnisme, l'universalisme lié au particulier, le civisme, l'imitationisme. Ils prônent les mêmes principes : primauté de la permanence sur l'évolution de la pensée de l'Instruction publique, primauté de l'un sur le multiple (le changement n'est qu'apparent), primauté de la sentimentalisation sur la théorisation (ce n'est pas le concept qui compte, par exemple la théorie nationaliste, mais le sentiment, l'amour envers la Nation), primauté de l'immobile sur le mobile, primauté des relations formationnelles et informationnelles sur les relations fonctionnelles, etc.
Alors que l'historicité pénètre dans la science du 19ème siècle et la féconde, tout un réseau généaloïde surplombé par une ligne de crête est conservé et développé dans le discours scolaire historique. C'est la primauté de l'histoire en tant que continuité sur l'histoire en tant que changement. L'histoire factuelle peut bien changer sur tel ou tel point, la philosophie du discours scolaire historique est tjs animée par ce qui est considéré comme "l'âme du pays". Le déjà construit du savoir, adapté ensuite à la réception du savoir, est dont déconstruit et reconstruit en fonction de tous les supports logistiques du Message qui doit traverser de part en part le champ des connaissances. Autrement dit, si les faits étaient des étoiles, l'histoire ne serait que le panorama affligeant des constellations. Le Pays-qui-vient est mobilisé sur ce qui est baptisé comme étant le "centre moral du monde". L'histoire, en effet, telle qu'elle est conçue part l'Instruction publique, est dominée par une représentation de l'histoire "sans histoires" où le présent est le sommet glorieux entre un passé dépassé et un avenir inaccompli qui ne sera d'ailleurs qu'une continuation plus achevée du présent. Il s'agit d'arrêter l'histoire, c'est-à-dire la lute pour changer le Destin.""
Claude BERNARD
Comment nos ministres font l'histoire.
Le discours de l'instruction publique et ses procédés de persuasion
Presses Universitaires du Mirail
ISBN : 2-85816-168-2
Dans ce "Message" est aussi soufflé la place que tu dois occuper, et tel l'immobilisme, tu occuperas la place de ton père.
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