FRANCE 2007

Publié le par Nawa

Je viens à l'instant de lire ce témoignage. J'ai rien à dire dessus, juste vous le coller là...

4 mois fermes a la suite d’un controle d’identité

L’histoire que je vais vous raconter va peut être vous paraître fausse ou éxagérée mais en tout cas je l’ai bien vécue, elle est vraiment réelle. D’ailleurs cela a détruit ma vie ainsi que celle de ma famille. Un soir, je sortais du travail, et je me dirigeais vers le parking près de chez moi afin de garer ma voiture quand soudain j’ai vu une "colonie" de policiers autour de mon frère (25 ans). En effet, ils étaient une quinzaine autour de lui. Il était seul face à eux et il s’agissait apparemment d’un controle d’identité. J’ai senti que ça allait pas donc j’ai décidé de me rapprocher vers eux.

J’ai alors demandé à mon frère ce qui se passait et il m’a répondu de ne pas m’inquiéter, qu’il s’agissait simplement d’un controle d’identité. Il ne voulait pas me faire peur et m’impliquer donc il m’a demandé de m’éloigner. Il leur a effectivemnt remis ses papiers, les policiers l’ont même fouillé et n’ont eu rien à signaler. Ne comprenant pas la situation car je voyais le ton monter et certains policiers se moquaient de moi, j’ai demandé à mon frère de se rapprocher de moi. Et à ce moment la, un policier m’a invectivée, me rappelant que la "police c’était lui" et qu’il lâcherait mon frère quand il le voudrait. J’ai compris malheureusement qu’il ne le lacheraient pas !

Pourquoi ils l’ont arrêté ? Cela je l’ai su que plusieurs jours après, en effet en parlant avec mon frère, celui-ci m’a expliqué la scène avant même que je sois arrivé : Il s’apprêtait à sortir d’un hall d’immeuble et des policiers l’ont attrapé à l’intérieur même de l’immeuble. ils ont commencé à le gifler et l’insuler le prenant apparemment pour quelqu’un connu des services de police. Mon frère leur a dit qu’il ne comprenait pas la situation et qu’il ne voulait pas avoir d’histoire et il est sorti du hall et c’est là qu’il a vu qu’il était encerclé d’une quinzaine de policiers (c’est au moment où je suis arrivé). Puis, les policiers ont commencé à se moquer de lui, à le provoquer, à l’insulter et lui ont ordonné de"fermer sa gueule". Ils lui ont même dit qu’ils voulaient l’embarquer au poste même s’il avait rien fait.

Je vais vous paraître peut être cru mais je pense sincèrement que sa tête d’arabe ne l’a pas aidé et l’a même enfoncé. Puis d’un coup, une voiture de police est arrivé, et là mon frère a pris peur et s’est sauvé. La poursuite a démaré, mon frère a été rattrapé, jeté à terre et battu à coups de pieds, de matraques, coups de poings et menotté. Certains des policiers se sont amusés à lui écraser le visage contre le sol alors qu’il était menotté. D’ailleurs, il en est ressorti défiguré, tête pleine de sang. En voyant cette barbarie, je me suis mise à crier. J’étais choquée de voir des policiers frapper une personne gratuitement. Ils l’ont fait rentrer dans la voiture avec force. Le pire c’est que même dans la voiture les policiers ont continué à le taper : ils lui ont mis des coups de poings et des gifles sur le visage accompagnés d’insultes racistes ( j’ai su cela après en parlant à mon frère).

Une foule s’est ammassée et en profitant de l’arrêt de la voiture, mon frère a réussi à se sauver, hurlant de douleurs. Et cette fois ci, les policiers ont réussi à le re-rattraper devant chez moi. Et ils ont continué à le re-frapper, le pire c’est que c’était devant tout le monde. Ma mère, voyant son fils se faire maltraiter de la sorte, l’a pris dans ses bras et a essayé de le protéger du mieux qu’elle pouvait en suppliant les policiers d’arrêter. Mais ils étaient déchainés, ils ont frappé ma mère avec des coups de matraques ainsi qu’une de mes soeurs. Un policier m’a même pointé son arme me menacant de tirer. Les voisins, les passants (mères de familles, enfants, personnes agées), choqués de voir cette scène de violence injustifiée et généréé par des forces de l’ordre, ont demandé aux policiers d’arrêter de frapper ce jeune homme sans défense et en réponse ils ont eu droit à des jets de bombes lacrymogènes.

Sans défense, la population présente a commencé à subir les agressions tant physiques que verbales. Finalement, mon frère a été emmené au commissariat. Le plus grave, c’est qu’il a été encore frappé là-bas jusqu’à ce qu’un médecin vienne constater ses blessures. C’est ignoble de voir des scènes de massacre, car y a pas d’autres mots, se passer dans un commissariat, endroit institutionnel. Ma famille a été gravement blessé, plusieurs jours d’ITT ont été prescrits par des médécins. Pour ma part, j’ai été hospitalisé le soir même.

Mon frère a été incarcéré à 4 Mois de prison ferme et 4 Mois de sursis pour "outrages, rebellions et inciation à l’émeute". Le mieux, c’est qu’on l’a accusé d’avoir frappé 6 ou 7 policiers alors qu’il était menotté du début jusqu’à la fin et n’a eu en aucun cas de comportements agressifs physisquement envers eux.

"La justice est tellement bien faite" qu’il a mangé plusieurs mois de prisons pour des faits qu’il n’a pas commis et il doit payer en plus des dommages et intérêts à des policiers qui ne sont pas du tout bléssés mais qui en revanche l’ont frappé et frappé sa mère sous ses yeux et ses soeurs. De plus, la justice n’a même pas pris en compte les témoinages des personnes présentes (plus d’une trentaine). Nous avons porté plainte. Est-ce que cela va être pris en compte ? Seul le temps nous le dira.

Mais en attendant, nous devons vivre ou je dirai même survivre avec cette souffrance, cette injustice, cette corruption. Je ne veux pas faire la victime, mais on a beau être né dans des hopitaux français, avoir étudié dans les même écoles et universités françaises, avoir toujours vécu en France, certaines personnes nous demontrent par A+B qu’on n’a pas nôtre place ici. C’est très grave de voir cela dans un pays démocratique qui revendique les droits de l’homme. Car dans cette affaire, nous avons été traité commes des sous-hommes, des bêtes, des... Cette histoire nous a totalement détruit.

http://www.actujuridique.com/

Publicité

Publié dans RG

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
merci pour l'intervention...
Répondre
D
Bonsoir,je me permet d'intervenir ici car je suis un des deux animateurs du site "actujuridique" et aussi auteur du livre "Face à la Police/ Face à la Justice".Nous avons répondu à Alfonso sur notre blog, en justifiant en particulier pourquoi nous ne donnerons pas plus de détail pour identifier les lieux et les dates. A la fin de notre message nous écrivons en particulier ceci:"Nous ne prétendons à aucune objectivité. Nous n'allons pas enquêter pour vérifier la véracité des témoignages que nous recevons. Nul doute que la version policière de cette histoire est très différente de ce que nous raconte ici la soeur de la personne qui a été condamnée. Simplement, pour nous être beaucoup occupé de défense juridique militante, nous savons aussi quelle distance il existe entre ce qui se passe vraiment et la version que la police, la justice et la presse donnent en général de ce type d'événement. C'est pourquoi, en laissant la parole à ceux qui le plus souvent ne l'ont pas, nous n'avons pas le sentiment de faire de "l'intox", bien au contraire.Maintenant, si notre correspondant a la vague impression d'avoir déjà lu cela quelque part, n'est-ce pas tout simplement que ce genre d'histoire est malheureusement assez banale? Quand à nous, nous ne ferons pas ici la liste de ce qu'on appelle parfois des "bavures policières" (qui pour nous, soit dit en passant, n'en sont pas), et dont nous avons eu à connaître, directement, les tenants et les aboutissants. Sachez seulement qu'elle est suffisamment fournie pour donner à cette histoire une crédibilité certaine.Tout ceci ne suffira peut-être pas à convaincre ceux dont l'expérience des rapports avec la police se limite à quelques contrôles routiers. A ceux-ci, nous ne pouvons souhaiter qu'une chose: que cette période répressive ne leur donne pas trop vite l'occasion de constater par eux-mêmes, et à leurs dépens, leur erreur. Mais, hélas, nous ne leur cacherons pas non plus que nous ne sommes pas très optimistes."Voilà. Vous pouvez voir la totalité de notre réponse sur le blog, et nous vouons aussi remercier nawa pour avoir repris ce témoignage.
Répondre
C
vous avez tous gagné (raison)!ah merde, c'est pas l'école des fans? et je ne m'appelle pas jacques martin?je vais me coucher...
Répondre
A
....ben merde, tu cumules....je te souhaite d'avoir un 2088 plus radieux.
Répondre
N
alors vu qu'on est dans les anecdotes personnelles je vais t'en raconter quelques unes. En tant qu'ancienne "marginale de la rue", je ne comptais plus les fois où les semeles des flics ont effleurées ma caboche pour me virer de la où j'étais, ils m'ont tué 2 clebards aussi pouratnt des gentils batards rien à voir avec un pitt. Je les ai vu faire des attouchements sur une autre sans abris, j'en ai vu pisser sur un mec qu'était trop bourré, j'ai pris des bouffes pour le simple fait de ne pas baisser les yeux. Sur le bitume arpenté, j'ai eu des compagnons de route pas très blanc. Il n'était pas rare même coutumier qu'ils sefassent contrôler 3 ou 4 fois par jour. Et cette soirée où je passais voir un pote, il m'a rejoins en bas, les képis sont arrivés nous ont fouilé, insulté, m'ont mis un coup de pied au cul en me disant d'aller tapiner et se sont acharnés sur mon pote. Je suis monté chez lui pour chercher de l'aide car dans ces situations t'appelle pas les flics...ils sont déjà là....il n'y avait que sa copine, on est redescendu et on nous a déchargé des lacrymos dans la tronche. Mon pote ne l'avait pas ramené moi non plus, pas un putain de mot. Il a prit un mois ferme pour outrage et rébellion. Comme dans ce témoignage, il était menotté du début à la fin.Certaines catégories de la population (sans-abris, arabes et renois en particuliers) sont à la merci de la bavure policière. Je peux continuer la liste bien longtemps. J'ai eu un sac sur le dos pendant 7 ans, les flics aussi....aujourd'hui ils me donnent du "madame". Je sais leur comportement face à ceux qui n'ont pas de voix, ou que celle qu'on entend pas. Comme la justice, les flics ne sont pas les mêmes pour tout le monde.Denière anecdote. Y a plus d'1 an je me fais arréter en voiture sans assurance ni contrôle technique. Je dois représenter la caisse 1 semaine plus tard et 11€ d'amende. 3 jours plustard Même voiture, mais mon mec avec sa bonne gueule d'arabe au volant. Retrait de pemis immédiat pour 2 mois, immobilisation de la voiture (l'a du rentrer à pied), 290€ d'amende.  De plus moi je venais de griller un feu orange, lui partait bosser en habit de cuisinier et avait la preuve du rdv prit pour le contrôle technique....
Répondre