L'OUVRIERE
Comme c'est triste de pouvoir ressortir certains textes...j'avais écrit celui là à la suite de l'histoire de l'amie d'un ami, ce matin c'est une amie qui n'aura pas le droit à 52 ans, après 28 ans d'usine, de partir dignement.
30 ans...30 ans que tu travailles à répéter les jours, les heures, les gestes. Humain robotisé par des robots humanisés, tu as troqué la fatigue de tes yeux, les douleurs de ton dos, la lassitude de tes doigts contre un salaire pour du beurre, parfois des épinards. Bientôt tu éteindras une dernière fois la machine, cédera une dernière fois à la pointeuse le temps qu'elle t'a prit. C'est sûrement les larmes aux lèvres que tu rentreras chez toi, que tu quitteras tes collègues pour la 1ère fois sans "à demain". Ces compagnons d'infortune que t'as fini par aimer, attendrie par des éclats de rire entre les bruits cadencés, ceux qui permettent de supporter l'incessante répétition. A la fierté de ta sueur, à ce courage de l'ouvrière, le front haut, le torse fier, jour après jour tu as mené ton labeur, nourrit ta famille. Ils ont prit tes mains pour des machines, et dans une formule de politesse ils ont fait signer ta détresse. Comme tu vomis ces 50 € jetté insolemment pour tomber ton costume de galère, revétir celui de misère. 30 ans...Pour un peu plus de profit ils ont vidé tes tripes pour remplir leurs entrailles. Leur social te laissera sans un plan, tu giras là, sur les carreaux brisés de ton usine, désaffectée de ton statut d'héroïne.
30 ans...30 ans que tu travailles à répéter les jours, les heures, les gestes. Humain robotisé par des robots humanisés, tu as troqué la fatigue de tes yeux, les douleurs de ton dos, la lassitude de tes doigts contre un salaire pour du beurre, parfois des épinards. Bientôt tu éteindras une dernière fois la machine, cédera une dernière fois à la pointeuse le temps qu'elle t'a prit. C'est sûrement les larmes aux lèvres que tu rentreras chez toi, que tu quitteras tes collègues pour la 1ère fois sans "à demain". Ces compagnons d'infortune que t'as fini par aimer, attendrie par des éclats de rire entre les bruits cadencés, ceux qui permettent de supporter l'incessante répétition. A la fierté de ta sueur, à ce courage de l'ouvrière, le front haut, le torse fier, jour après jour tu as mené ton labeur, nourrit ta famille. Ils ont prit tes mains pour des machines, et dans une formule de politesse ils ont fait signer ta détresse. Comme tu vomis ces 50 € jetté insolemment pour tomber ton costume de galère, revétir celui de misère. 30 ans...Pour un peu plus de profit ils ont vidé tes tripes pour remplir leurs entrailles. Leur social te laissera sans un plan, tu giras là, sur les carreaux brisés de ton usine, désaffectée de ton statut d'héroïne.
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