ON SE RASSURE COMME ON PEUT...

Publié le par Nawa

Depuis la nuit des temps nous essayons de vivre. En quête d'absolu bonheur, d'importance absolue, prenant le demain pour acquis. Depuis la nuit des temps nous essayons de vivre alors que nous ne faisons que mourir, tous les jours un peu plus, dans un demain incertain, un aujourd'hui approximatif, au bon vouloir de la chance ou du malheur, au choix. Voilà bien le seul ordre établi. J'ai pas compris grand chose de la vie encore mais ça très tôt elle me l'a bien expliqué. Depuis j'avance à tatons, conscience de ma nature éphémère et de l'inutilité de sa reconnaissance. Je considère ça comme un avantage évident sur la plupart des gens. Accepter de mourir plutôt que de vivre vous rend le quotidien plus léger, plus apte à la folie, plus propice à la rébellion. Le materiel devient illusoire, l'essentiel suffisant. Je pense aussi que dene pas faire de sa vie une illusion d'éternité et de reconnaissance, n'accepter d'elle que ce qu'elle est, un chemin vers la mort, est un critère essentiel pour vivre à la mesure de ses idées. et comme pour me pousser un peu plus dans cette croyance, la vie qui n'a de sens que dans la mort, s'amuse encore à me jouer des tours. Me voilà responsable d'une paire de mômes, avec le mien ça fait 3. La pudeur et la décence m'interdit l'étalage des détails mais ma trouille j'en fais ce que je veux, et j'ai très envie de vous la jeter à la gueule pour m'en décharger un peu. Me voilà donc avec 3 gamins, que je suis obligée de coller dans une même piaule vu que le canap du salon est déjà occupé...Quand je pense à demain je n'ai aucune putain de solution. La logistique compromettant en plus l'avenir de mon taf aux horaires non compatible avec l'élevage intensif de mômes. Le poids de la responsabilité m'écrase, et je trouve dans sa pesanteur la peur égoïste de me perdre, de m'oublier. Je ne sais pas être autre chose que moi, dans ma solitude fabriquée avec soin pour satisfaire mes besoins asociables. Je ne peux donner autre chose que moi, comme le pourrais-je si je dois changer ? Aimer je peux, j'aime déjà. Mais d'avenir, de certitudes, de protection, d'assurance, de refuge, j'en suis incapable. Je ne sais pas qui je suis mais je sais qui je ne suis pas. Avec mon fils c'est différent, on s'apprend, se pardonne, se fabrique, il a l'amour inconditionnel d'un enfant pour sa mère, il est ma perfection, je suis son environnement, ses repères. Mais là ?  La responsabilité me dit que c'est à moi de m'adapter, de changer mon mode opératoire. Assumer. Ce n'est pas un choix. C'est une évidence. Alors j'ai peur de laisser mes aujourd'hui pour combattre des demains. Je peur d'en être incapable, de me perdre. Ca c'est pas grave. Mais ils suivront ma détresse qui puise sa source dans une pitoyable rancoeur. Puis la panique s'évente, l'évidence revient, on ne vit pas, on ne fait que mourir. Demain est un autre jour et "l'autre", un concept bien incertain. C'est un fait, la mort est le seul ordre établi. Je ne leur ai rien promis, je continuerai. Je vais les aimer, seconde après seconde si j'ai la chance d'un après. Ils n'auront pas faim, pas froid, la est ma seule promesse. On s'apprivoisera mutuellement dans un avenir supposé, on composera, on trouvera. Je ne serai pas autre chose que maintenant. Me protéger c'est les protéger eux. Je me dis qu'ils préfèreront un repère quelque peu chelou qu'un être amer et malheureux. Demain n'existe pas, seul compte aujourd'hui. Demain je suis morte, vous aussi. Faites preuves d'humilité, penser à demain est déjà faire preuve d'assurance prétentieuse. Le combat, la lutte, l'amour, c'est aujourd'hui, pire, c'est maintenant. Le monde tendrait à y gagner s'il se satisfaisait de l'instant. A la question "si tu devais mourir demain" n'apporte aucune réponse, enlève seulement le si. Pas besoin de guerre, de pouvoir, de possession, de concession, de prévoyance, d'assurance, de plan sur 10 ou 60 ans, de promesse de lendemain, d'inquiétude de l'avenir. Le seul ordre établi veille sur toi, ta mort veille sur toi. N'ais pas peur. La mort est belle, ce mot sonne faux car il est indissociable de la souffrance . Mais c'est pourtant  bien elle la seule preuve de ta substance éphémère, c'est la seule capable de t'obliger aux bonheurs, à l'humilité, à la justice, au respect...maintenant. Demain n'existe pas, à moins que t'es du cul....Reste à savoir si c'est dommage que la chance ne dure jamais.



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Publié dans RG

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B
Belle claque !La route peut être sinueuse mais avec une seule arrivée possible (même si le nombre d'étapes et de haltes est variable).Et les zenfants des zuns et des zautres sont autant de repères et d'épreuves potentielles (je l'exprime beaucoup moins bien que toi cette dualité difficile à vivre et à assumer). Aussi bien des spirces d'inquiétude que de certitude ?Mouais...De toute façon faut aller droit devant et vivre ça à fonc : en respirant à grandes goulées et en évitant les embarbées de la crétinure...Bienvenue en Enfer (à moins que ce ne soit en un paradis ordinaire de l'humanité éclairée).
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L
J'espère que cette nouvelle situation vous permettra de vivre de  bons moments tous les 5 pour la suite!Bonne continuation!Et pour aller dans le sens de ton post, carpe diem, mais ça j'ai l'impression que tu le fais déjà très bien!Bien à toi!
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