DU DROIT AUX EVIDENCES
Regardez donc ce corps qui jadis me servait à être plus fier qu'un taureau, bien moins danseuse qu'un torrero. Regardez donc ce corps qui jamais n'a faillit aux épreuves de la vie et aux poids de ses "si". Il est là, étalé, dévoré, mutilé. Il est là en souffrance, sans aucune élegance. Il est ma mort avant l'heure, ma croyance de l'enfer. Il est indigne de ma vie, il est déjà parti, risquant encore quelques aller sans retour, déposant à chaque fois ses valises de dégradation. La seule chaleur que je ressens et celle de mon urine qui se répand. La seule douleur que je ressens est celle de la mort de mon vivant. La souffrance m'ote la parole pour hurler dans mes yeux et je profite de sces instants de lucidité pour vous dire que je veux crever. De quel droit vous opposer à ce départ de cette plaie gisante.? Votre morale lui sert de sel dans sa béance. Pourquoi aller jusqu'au bout de ma dégénérescance? Je suis mort jusqu'au sang, le coeur comme à son habitude, fait juste son capricieux, il bat, c'est ce qu'il fait de mieux. Mais regardez moi, écoutez le bruit de ma fin, je n'ai plus rien de vivant si ce n'est cet espoir du respect d'un voeu de condamné, si ce n'est cet espoir du droit à ma mort.
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